21052013A la une:
 

Mélenchonite

J’avais publié un tweet, au mois d’août 2011 : « Du grand Melenchon à Grenoble… Peuple de Gauche, ne vous emmerdez pas avec les primaires, vous avez le candidat ! ».

Je ne suis pas Madame Irma, mais je l’imaginais bien à 15%, probablement dans mon désir d’une réelle division à gauche. A la même époque la presse bien pensante et au dessus de tout soupçon avait tendance à railler cet homme qui ne lui faisait pas de cadeau.

Que faisait cet homme ? Il parlait haut et fort, probablement disant tout haut ce que beaucoup n’osaient clamer. Il n’était ni plus ni moins qu’un Le Pen commun ou un Bayrou de 2007. Il arrive au populisme de devenir populaire quand il s’en prend aux censeurs et donneurs de leçon.

Il avait sû trouver sa place dans un nationalisme de gauche aux accents anti-européens grâce à son indéniable talent d’orateur et à une politique de la chaise vide. Il faut savoir quelque fois trouver sa place.

A cette période le PS se cherchait un nouveau héros après la défection vaudevillienne d’un DSK en mal d’amour… Le hollandais volant hissait ses voiles comme un vaisseau encore fantôme qui émergeait de la brume démocratique dans une manoeuvre encore primaire.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Le beau Jean Luc se positionne en troisième homme à quelques erreurs de sondage près, il reprend symboliquement la Bastille au nom de la Nation, parcours traditionnel des manifestations gauchisantes qui empruntent rarement le charmant trajet, Neuilly, Auteuil, Passy.

Mais qui sont ces Sans-culotte, qui vocifèrent aujourd’hui l’Internationale ? Des fonctionnaires et enseignants, un petit 8% d’ouvriers,(30% sont chez Marine) les rares qui sont restés à gauche, ceux là même qui ne sont plus considérés comme coeur de cible par un PS conseillé par Terra Nova, quelques communistes n’ayant pas encore émigré dans le paradis de la Corée du Nord, des maoïstes de progrès qui rêvent d’envoyer les intellos aux champs et les paysans à la ville, singeant la fable de la révolution culturelle, et enfin des bobos qui voient là un nouvel effet de mode, qui espèrent une application Mélenchon sur leur Iphone 4G, (ils n’ont pas encore réalisé que G n’est pas le sigle de Gauche).

Ces derniers veulent leur « Mai 2012 » aux flonflons d’un Bénabar bisounours, d’un Cali fourchu, révolutionnaires de bac à sable dans lequel leurs 4X4 a peu de chance de s’enfoncer.

La presse parisienne a fait depuis lors son « aggiornamento » et fait son enfant chéri d’un Jean Luc Mélenchon en lui décernant la palme d’or de la meilleure campagne, la gueuse est versatile !

Mais elle est également observatrice, sentant bien les faiblesses du héros automnal qu’était François Hollande, tant pis pour lui ! Il n’aura qu’à faire le grand écart entre les deux tours de la présidentielle un pied sur Manuel Valls, un pied sur Lutte Ouvrière, le tout avec un grand sourire aux centristes, de la gauche anti-européenne aux enfants de Delors en essayant de conserver son sérieux et son quant à soi.

Je vous le dis tout de go, ceci est une autre histoire… | Lu 92 fois

 
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